Être cité par ChatGPT et Perplexity
Fichiers llms.txt, découpage, balisage spécial : Google a répondu en mai 2026, et c'est non. Ce qui compte vraiment pour être repris par les moteurs de réponse.
Lire l’article963 domaines suivis avant et après le déploiement : 3,4 % de taux de clics en moins, 23,1 % pour les sites les plus exposés. Les chiffres, et ce qu'ils ne prouvent pas.
Google a commencé à déployer les AI Overviews en France le 22 juillet 2026. Un mois plus tard, Ahrefs a publié la première mesure sérieuse de ce que cela change : une baisse moyenne de 3,4 % du taux de clics en neuf jours, et jusqu'à 23,1 % pour les sites les plus exposés.
Ces chiffres circulent depuis, souvent amputés de leur méthode. Les voici en entier, avec ce qu'ils démontrent et ce qu'ils ne démontrent pas.
L'AI Overview est la réponse rédigée que Google place au-dessus des résultats, en s'appuyant sur les pages de son index. Elle ne remplace pas la liste de liens, elle la repousse vers le bas, et elle répond souvent à la question avant que le visiteur ait besoin de cliquer.
La France a été servie plus tard que les pays anglophones, ce qui a permis d'observer un avant et un après nets, sur un marché stable. C'est précisément ce qu'a exploité l'étude.
L'étude d'Ahrefs sur la baisse des clics en France porte sur 963 domaines, issus des mille domaines générant le plus de clics en France, à partir de données de Search Console agrégées. La fenêtre d'observation compare 28 jours avant le déploiement à 9 jours après.
- Tous sites confondus, le taux de clics recule de 3,4 %. - En médiane, le recul est de 5,7 % sur le taux de clics et de 8,8 % sur les clics. - Sur les seuls domaines en .fr, la médiane tombe à 12,3 %. - Sur les domaines dont plus de 20 % des requêtes déclenchent une AI Overview, la baisse atteint 23,1 %. - Dans cette catégorie très exposée, 82,2 % des domaines perdent du taux de clics. - Le secteur le plus touché est la santé : 22,2 % d'exposition, et 20,4 % de taux de clics en moins.
La lecture correcte de ces chiffres tient en une phrase : l'effet n'est pas uniforme, il est proportionnel à l'exposition. Un site dont 2 % des requêtes déclenchent une réponse générée ne perd presque rien. Un site dont un quart des requêtes en déclenchent une perd beaucoup.
Il faut être honnête sur les limites, parce qu'elles sont réelles.
Neuf jours, c'est court. L'étude mesure un choc, pas un régime permanent. L'effet peut s'amortir à mesure que les visiteurs s'habituent, ou s'aggraver à mesure que Google élargit le déclenchement. Les deux hypothèses restent ouvertes.
La fenêtre tombe en plein été. Fin juillet et début août, le trafic français change de nature sur presque tous les secteurs. L'étude compare des périodes proches, ce qui limite le biais, mais ne l'annule pas.
Le panel n'est pas le vôtre. Ce sont les mille domaines les plus visités de France : des médias, des marchands, des services nationaux. Un cabinet de kinésithérapie de La Ciotat ou un restaurant de Marseille n'obéit pas aux mêmes dynamiques, parce que ses requêtes sont locales et transactionnelles.
Le taux de clics n'est pas le chiffre d'affaires. Perdre des clics sur des requêtes purement informatives, auxquelles on ne vendait rien, n'a pas le même coût que d'en perdre sur une requête d'achat.
Toutes les requêtes ne se valent pas devant une réponse générée. Trois familles se comportent différemment.
Les requêtes de définition et d'explication. « Qu'est-ce que », « comment fonctionne », « quelle différence entre ». Ce sont les plus exposées, parce que la réponse tient en trois phrases et que la machine sait les écrire. Le trafic qu'elles apportaient était de toute façon rarement commercial.
Les requêtes de comparaison et de choix. Elles déclenchent souvent une réponse générée, mais le visiteur clique quand même, parce qu'une décision se prend rarement sur un résumé. C'est là que le fait d'être cité compte le plus.
Les requêtes locales et transactionnelles. « Près de chez moi », « ouvert maintenant », « devis », « réserver ». Elles restent largement gouvernées par la carte, la fiche d'établissement et les résultats classiques.
Si votre trafic vient majoritairement des deux dernières familles, la mesure d'Ahrefs vous concerne peu. S'il vient de la première, il faut regarder ce que ces visiteurs rapportaient réellement avant de s'alarmer.
À faire : segmenter votre propre Search Console. Le seul chiffre qui vous concerne est le vôtre. Comparez, requête par requête, l'évolution du taux de clics avant et après le 22 juillet, en isolant les requêtes informatives. Vous saurez en une heure si vous êtes exposé.
À faire : renforcer ce qui ne se résume pas. Une méthode chiffrée, un retour d'expérience, des données propres à votre activité, un exemple concret : ce sont des contenus qu'une réponse générée cite mais ne remplace pas.
À ne pas faire : bloquer les robots par réflexe. Google le dit clairement : les directives destinées à Googlebot gouvernent l'accès pour la recherche, et l'IA fait partie intégrante de la recherche. Se retirer des réponses générées revient à se retirer de Google.
À ne pas faire : produire plus de contenu générique. Multiplier les pages qui répondent à des questions courantes est exactement la stratégie que les réponses générées neutralisent. Ajouter du balisage non plus ne sert à rien ici : Google a écrit que les données structurées ne sont pas requises pour la recherche générative.
Pas sans quitter la recherche classique. Les balises nosnippet et max-snippet limitent l'extrait affiché, ce qui réduit aussi votre visibilité ordinaire. Il n'existe pas de réglage qui retire d'un côté sans retirer de l'autre.
Non. Les réponses générées puisent dans l'index de Google et s'appuient sur ses systèmes de classement. Être bien positionné reste la condition pour être cité.
Les deux, mais séparément. Une position stable avec un taux de clics en baisse est la signature d'une réponse générée au-dessus. Une position qui recule est un autre problème.
Comptez un trimestre complet de données après le déploiement pour distinguer un effet durable d'un choc de nouveauté.
Nous relevons désormais l'exposition aux réponses générées dans les mesures que nous remettons : part des requêtes concernées, écart de taux de clics à position constante. C'est la seule manière de savoir si une baisse vient de Google ou du site.
La suite logique, c'est-à-dire ce qui fait qu'une page est reprise plutôt qu'une autre, fait l'objet d'un article séparé. Et si vous voulez savoir où vous en êtes sur vos propres requêtes, dites-le-nous.
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